Réseaux mondiaux et économie

Si la prostitution peut-être parfois surnommée, le « plus vieux métier du monde », cela n’est pas le cas du proxénétisme comme on le définit actuellement.  En effet, ce phénomène est très récent dans notre pays. Il est apparu dans les années 1990 avec l’arrivée de la prostitution étrangère en France. « Ce n’était plus de la prostitution mais du crime organisé.. » précise Mme Gabrielle Partenza,  qui est la présidente de l’association Avec Nos Aînées.

 Le proxénétisme est une activité illicite dans la majeure partie du monde, qui consiste à tirer profit de la prostitution d’autrui ou à la solliciter en la favorisant. Le proxénétisme est, comme l’indique Mme Gabrielle Partenza, du même niveau que le crime organisé car en effet, il s’agit de réseaux internationaux qui sévissent en France depuis les quatre coins du monde ce qui leur donne cette envergure mondiale et économique.

Pour étudier au mieux ce phénomène, nous verrons d’abord les facteurs complices de son apparition, les victimes des réseaux et la géolocalisation de ces derniers, puis, à titre d’exemple, nous étudierons plus particulièrement les réseaux est-européen et africain et enfin son rapport à l’économie mondial.

L’apparition de ces réseaux est due à une succession de différents faits survenus de la fin du siècle dernier à aujourd’hui. Les premiers faits démontrés sont les bouleversements géopolitiques qui ont touché le monde dans les années 1990. On peut prendre pour exemple l’effondrement de l’Union Soviétique, les conflits balkaniques et les crises politiques en Afrique qui, entraînant une grande misère de la population, ont été suivi de la prolifération des réseaux de traite et d’exploitation sexuelle à l’instar de celui « la traite des blanches » du début du XXe                                                                                      

Les facteurs qui expliquent le développement de ces réseaux à partir d’un endroit changent  selon les contextes politiques, socioéconomiques et culturels. Néanmoins plusieurs points communs existent tel que l’accroissement des écarts de richesse qui précèdent des désirs migratoires, la guerre et la faiblesse des Etats. L’instabilité des gouvernements est importante dans le développement des réseaux et donc dans le développement du trafic de femmes car elle leur permet de se développer davantage.                                                                                                                                                                                Nous avons pris l’exemple de l’Albanie : l’apparition de la traite des femmes y est liée aux réseaux mafieux, eux-mêmes rattachés à une désintégration politique et économique qui précèdent la fin du régime d’Enver Hoxha, dirigeant de la république populaire d'albanie de 1945 jusqu'à sa mort le 11 avril 1985.

L’autre facteur du développement du proxénétisme est l’ouverture des frontières à la chute du mur de Berlin et de l’apparition de l’espace Schengen en 1995. Cet événement a facilité les mouvements migratoires et donc l’arrivée des personnes prostituées étrangères en France                                                                                                    

Dans le même temps, l’existence du marché unique européen assure la liberté de circulation pour les personnes, les biens, les services, et les capitaux ce qui favorisent l’entreprise des réseaux criminels. C’est alors une véritable marchandisation des prostituées, qui grâce à l’argent que les proxénètes retirent de leurs activités, permet d’augmenter le réseau.

 

 

D’où viennent les prostituées ?

Selon l’OCRTEH (Office Central pour la Répressions de la Traite des Etres Humains), les victimes des réseaux de prostitutions sont en majeur  partie d’origine orientale et de l’Europe de l’Est : depuis 1990, les prostituées en France sont à plus de 70% de nationalités étrangères. Les femmes prostituées partagent souvent la même nationalité que leurs proxénètes. En France, les prostituées subissant la traite sont originaires de Bulgarie, d’Albanie, d’Ukraine, de république Tchèque et de Roumanie pour l’Europe de l’Est, du Nigéria et du Cameroun pour l’Afrique et de Chine et de Thaïlande pour l’Asie. Les prostituées étrangères viennent aussi d’Amérique latine : Brésil, Equateur, Perou etc. C’est d’ailleurs en provenance de ces pays que l’on trouve le plus de travestis. Cependant comme les prostituées d’origine française, les prostituées chinoises et brésiliennes ne subissent en majorités pas le proxénétisme.

 

Ou sont les réseaux internationaux ?

En France, d’après un rapport de l’OCRTEH datant de 2010, les autorités auraient démantelés 39 réseaux internationaux de prostitution. La majorité de ces réseaux sont en provenance de l’Europe de l’Est et les Balkans qui représentaient 25 de ces réseaux, 9 autres sont d’origine africaine, 2 sont d’origine brésilienne et 1 aurait été originaire de Chine. Les réseaux de l’Europe de l’Est et des Balkans sont donc en accroissement avec en 2010 64% de présence sur le marché.                                                  

Origines des réseaux démantelés :

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                             Source : Rapport de l’OCRTEH, 2010.

 

Deux réseaux majeurs de la traite et de l’exploitation sont présents aujourd’hui :

En premier temps, les réseaux africains.                                                                                                                                                                     Les réseaux africains représentent entre 15 000 et 18 000 prostituées en France.  Ces prostituées sont recrutées par des « mamas » qui, après le recrutement, les envoient dans des cérémonie appelée « juju ». Cette cérémonie consiste a allé voir un « magicien » qui va les « protéger » une fois arrivées en France. Cependant il y a des conditions pour avoir cette « protection », si elles dévoilent l’activité du réseau ou qu’elles arrêtent la prostitution avant d’avoir remboursée la dette qu’elle a écopé de la mama, (Dette s’élevant à 50 000 euros) le rite sera rompu. Apres cette cérémonie les femmes sont contraintes à se prostituer. Pour montrer la réalité de cette croyance, selon un témoignage de M.Jean-Michel Souvira (Ex-Directeur de l’OCHTEH), « j’ai vu des prostituées africaines ouvrir un colis et s’asperger d’un liquide pour se recharger en pouvoir magique ». Parfois ce sont les familles qui envoient leurs filles en les mettant en contact avec ces réseaux et en finançant son passage. Ces réseaux créent donc une vulnérabilité psychologique chez ces femmes pour assurer le remboursement de leur dette et la poursuite de l’activité prostitutionnelle.

En deuxieme temps, les réseaux de l’Est.                                                                                                  

Les réseaux d’Europe de l’Est ne fonctionnent pas tous de la même manière. La manière généralement utilisé est la contrainte physique avec la violence psychologique pour forcer ces femmes à se prostituer. Cette méthode fait l’état d’un véritable « parcours » pour ces jeunes femmes de l’Est. La première étape est la vente des filles à des réseaux en Moldavie, Bulgarie ou Roumanie pour quelques centaine d’euros. La deuxième étape est qu’elles sont conduites en Turquie, dans les Balkans ou à Chypre pour subir le « dressage » ainsi  familièrement nommé. Cette méthode consiste à des viols collectifs, à la privation de nourriture, à l’enferment et à la violence physique. Maintenant psychologiquement brisées, elles sont emmenées en Europe occidentale ou leurs conditions de vie seront améliorées et assureront leur docilité. Elles doivent restés loyales aux réseaux car elles subissent une menace permanente. Une autre manière de procédé est le chantage sur la vie des membres de la famille. En effet, cette méthode consiste à réussir a convaincre de suivre un homme par amour pour ensuite que celui-ci, une fois arrivé en France, l’oblige a se prostituer en menaçant de tuer un membre de sa famille. Les réseaux d’Europe de l’Est confisquent aussi le papier d’identités pour s’assurer qu’elles ne s’échappent pas. C’est donc le chantage, la violence, et la menace qui alimente le quotidien de ces prostituées sous l’emprise des réseaux d’Europe de l’Est.

Avec la mondialisation et les nouvelles technologies, les trafics de prostitution internationaux  se développent encore plus vite. Les nombres de prostituées augmentent partout, facilités par l’arrivée d’Internat qui multiplie les « appels d’offres » et instaure le tourisme sexuel notamment en Asie.

 

La prostitution, qui s'est largement mondialisée sous l'emprise du crime organisé, est devenue un marché économique efficient basé sur un modèle capitaliste. L’argent est la principale cause de la prostitution, et la prostitution en génère énormément.  Dans cette partie nous allons étudier le rapport entre l’argent et la prostitution, et ce qui fait de ce flux financier souterrains un des plus rentables aujourd’hui.                                                                                                                                             

Il existe une relation perverse entre les trois précurseurs de ce phénomène qui sont le client, la personne prostituée, et le proxénète. Cette relation, c’est l’argent. Dans ce phénomène, l’argent est en mouvement constant. Toujours en circulation, il passe du client à la prostituée, puis de la prostituée au proxénète et ensuite il sert à alimenter d’autres réseaux tel que la drogue, etc…  La prostitution est avant tout un métier rentable financièrement, par ailleurs à l’échelle des activités criminelles le trafic d’êtres humains est l’un des secteurs les plus rentables.       

 

Au total, la prostitution engendrerait un chiffre d’affaire mondial approximatif de 60 milliards d’euros par an et un chiffre d’affaire européen de 10 milliards soit un sixième du marché.  Environ 13 millions de femmes se prostitueraient dans la monde. D’après Interpole, une prostituée rapporterait en moyenne 107000 euros par an à son proxénète. Pour le territoire français, la prostitution atteindrait un chiffre d’affaire de 2,29 à 3,5 milliards d’euros par an dont 70% directement pour les proxénètes selon Sabine Dusch, l’auteur de Trafic d’être humains et La Fondation Scelles, dans Exploitation Sexuelle.                                                

 

Cet argent généré par la prostitution est blanchi et rassemblerait une somme très impressionnante qui circulerait quotidiennement dans le monde. Ce que l’on peut retenir est que la prostitution est un effet de la mondialisation car la liberté des flux financiers entraine l’augmentation de flux financiers criminels.                      

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